Du stress professionnel au burn out

Le stress, phénomène incontesté des sociétés avancées, fait « la une » des médias depuis une dizaine d’années. Ce concept connote les sphères professionnelles de termes tels : souffrance au travail, démotivation, perte de sens, épuisement professionnel, dépression nerveuse.

Comment et pourquoi ce mécanisme d ‘adaptation physiologique qu‘est le stress, corollaire de l’instinct de survie, provoque dans l ‘espace de travail autant de malaises et troubles ?

Selon l ‘Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au Travail, ce concept survient lorsqu’il y a un déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et ses propres ressources pour y faire face.

L ‘approche transactionnelle de Lazarus et Folkman (1984) s ‘accorde sur cette notion de déséquilibre entre ressources et contraintes, nécessitant une réponse de l’individu pour y faire face.

La commission Européenne, dans un rapport de 2007 soulignait quant à elle l ‘augmentation inquiétante de la souffrance au travail allant dans le sens de l ‘OMS( organisation mondiale de la santé), qui prévoit qu’en 2020 la dépression deviendra la principale cause d ‘incapacité de travail alors qu’elle n ‘est que la quatrième aujourd’hui.
Les données officielles confortent cette tendance d’un « mal-être et mal de vivre » professionnel, occasionnant une recrudescence d’affections psychiques.
Ainsi, « plus de 10000 affections psychiques ont été reconnues en 2016 au titre des accidents du travail » selon le rapport Santé Travail Enjeux et Actions de l ‘Assurance Maladie (Janvier 2018).

Le travail jadis source d ‘accomplissement et de socialisation de l’individu, semblerait devenir un facteur déséquilibrant et consumant les ressources vives d’un individu.

« Si le travail permet de s’épanouir et de se valoriser individuellement et socialement, la médecine du travail constate de plus en plus de troubles physiques et psychiques. Il faut se plier à la dure réalité qu‘hommes et femmes sont en souffrance à la limite de la rupture dans l ‘entreprise  » (Chantal et Dufour, 1985).

 

Subtile alchimie de ressources et de contraintes , de caractéristiques propres à l’individu et d ‘environnement , les causes du stress professionnel ont autant de composantes que d ‘individus . Mais les conséquences , lorsque cet état de stress professionnel perdure dans le temps et dans son intensité, sont toujours quant à elles synonyme d’épuisement, de sensation d’être vidée   .

Ainsi le terme Burn out, prend ici tout son sens, en ce qu’il fait référence à la notion de :
rupture et consumation des ressources vives d’un individu .
Ce concept de Burn-out encore appelé « syndrome d ‘épuisement professionnel », est un ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnel chronique, dans lesquelles la dimension de l ‘engagement est prédominante.

Selon l ‘INRS, il se caractérise par trois dimensions :
L ‘épuisement émotionnel, la dépersonnalisation ou le cynisme, le sentiment de non-accomplissement personnel au travail.

Même si toutes le situations de stress ne mènent pas à l ‘épuisement professionnel, force est de constater la prise de conscience des pouvoirs publics . En ce sens le plan Santé au travail 2016 – 2020, renouvelle profondément l ‘approche de la santé au travail et s’articule autour de deux axes forts : la priorité donnée à la prévention primaire et l ‘intensification de la culture de prévention.

Mais dans les faits quelles formes peuvent prendre prévention primaire et culture de prévention?

L ‘un des leviers préventifs à cette situation de stress, serait de trouver des solutions ou des pratiques pour  maintenir l ‘équilibre entre les ressources (internes ) et les contraintes (de l ‘environnement) . Même s’il n ‘est pas toujours aisé d’agir sur les contraintes de l’environnement, il est par contre plus simple d’intervenir sur soi,  sur ses ressources internes .

En témoigne la tendance sociétale actuelle, caractérisée par l ‘essor du retour à soi, la quête de l’apaisement, et le retour au calme.

Ainsi Yoga, sophrologie, programme de sport et méditation en entreprise, MBSR (MinduflnessBased Stress Reduction), autant de synergies semblant démontrer le besoin vital de trouver ou retrouver son équilibre intérieur.

Ainsi même si le phénomène de mal être psychologique au sein des organisations de travail semble s’intensifier , il est très encourageant de constater l’orientation prise par  beaucoup d’individus, vers des espaces ou des pratiques leur permettant de se ressourcer ou de récupérer…

Dans le prochain article: « Les Expériences de récupération « , nous verrons en détail les effets des « expériences de récupération  » sur la prévention de l ‘épuisement professionnel.

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